#8 Montagne d’Argent, La Conception, QC

Le matos

Le porte-matériel de PO pour nos projets d’escalade traditionnelle

Cette semaine, nous sommes passés à deux doigts de prendre une décision qui aurait pu changer nos vies pour les prochains mois, voire les prochaines années. Quoi de mieux, avant de prendre une telle décision, que d’envisager son avenir sur les parois de la Montagne d’Argent?

Après avoir conduit nos motos dans une nuit de pluie noire, j’ai réalisé que le topo, ma vaisselle, ma frontale et l’appareil photo étaient restés à la maison (le stress décisionnel, voyez-vous, ça désorganise). Dans l’averse, toujours à la lueur du fanal, nous avons monté la tente. Étrangement, malgré l’heure tardive, le plaisir de retrouver le petit bois qui jouxte le secteur M&M nous a mis de bonne humeur. Après une ou deux heures à retourner la situation dans tous les sens, nous en sommes venus à la conclusion que notre vie était très bien comme elle était avec du bois, de la roche, des promenades sur deux roues; qu’elle ne devait pas changer! La décision du statu quo s’est imposée un peu avant deux heures du matin. Nous avons ensuite dormi du sommeil du juste.

Le soleil a mis plus de temps que d’habitude à se lever samedi. Il était déjà 11 h lorsque nous sommes passés dans le secteur du Grand Canyon avec l’intention de nous rendre à Super Crack Spot, le secteur le plus reculé de la Montagne d’Argent. Une marche d’approche de 40 minutes donne accès, à ce qu’on dit, à quatre superbes fissures (5.9). Finalement, on s’est pris les pieds et les mains dans le canyon et on a grimpé en série les Triplets, le Speech de Gaëtan, Beaujolais nouveau et Combustion lente. PO a tout enchaîné sans chichi (peut-être bien un « tu me tiens biens? », par-ci par-là, mais sans plus). Pour ma part, j’ai demandé « à sec » une ou deux fois et j’ai tout déséquipé dans le calme. Nous n’avons toutefois pas échappé aux incontournables finales angoissantes sur dalle du canyon. PO semble maintenant y prendre goût. En ce qui me concerne, mes jambes se sont finalement résolues à réagir aux commandes que leur transmet mon cerveau (la peur d’avoir peur, voyez-vous, ça paralyse).

Alors que la chaleur se faisait torride au fond du canyon, nous avons déposé le matériel en lieu sûr et filé vers le site public de mise à l’eau de La Conception. Rivière délicieuse, plage interminable et rencontre improbable avec un raton laveur semi-domestique. On a regagné le campement après avoir fait escale au dépanneur du coin. Résultat des courses : deux Mr Freeze, quatre Grolsch en canettes et un petit sac de Doritos.

Après avoir bien mangé et bien bu avec les propriétaires de l’immense tente qui avait poussé dans le voisinage de M&M au cours de la journée, nous avons rêvé de calme et de statu quo, dans les bois, sur les rochers, dans l’eau fraîche de la rivière Rouge.

Le lendemain, nous nous sommes rendus dans le secteur du Fou. C’était désert. Nous avons placé la corde au pied de ce qui semblait être l’unique voie accessible pour des grimpeurs de notre calibre. Les gens qui sont arrivés par la suite nous ont confirmé que nous étions au pied du Centenaire, la voie sport en trois longueurs (5.8, 5.7, 5.9) à laquelle nous souhaitions nous attaquer. Nous avons cependant terminé la voie dans Krakatoa (5.9+), une variante de la troisième longueur.

Je qualifierais la première longueur de cette voie de désagréable, la seconde, d’ordinaire. C’était toutefois le prix à payer pour vivre l’épiphanie de la variante Kraratoa et de son incroyable cheminée. Je ne pensais pas avoir l’occasion cette année de me coincer le bras, style « aile de poulet », dans une voie de ce genre. Quand je remettrai la main sur mon topo, j’ajouterai quatre étoiles à côté de cette voie.

Un autre week-end d’escalade derrière nous. Rentrer à la maison, préparer la semaine, retrouver la routine du dimanche. Penser au prochain week-end de grimpe. Soupirer de soulagement, encore. Ne prendre aucune décision a finalement été la meilleure décision. Nos vies continuent!

Pour les détails techniques, voir le billet du 6 mai.

L’album

Les voies qu’on a faites

Samedi 7 juillet, secteur Grand Canyon
Les Triplets (5.7), trad (PO), moulinette (D)

Le Speech de Gaëtan (5.8), sport (PO), moulinette (D)
Beaujolais nouveau (5.8), trad (PO), moulinette (D)
Combustion lente (5.8), trad (PO), moulinette (D)

Dimanche 8 juillet, secteur Le Fou
Le Centenaire (5.8/ 5.7), sport
et variante Krakatoa (5.9+), sport

Les voies qu’on veut faire

Secteur Le Fou
Lollypops (5.9+/5.8+), sport

Secteur Super Crack Spot
Toutes les fissures! (5.9), trad

Secteur L’Antre du dragon
Saint-Ambroise (5.9), sport

Boustifaille

Déjeuners : du gruau avec des fruits séchés et des noix, du café fait avec un Handpresso, une petite vitamine C effervescente à l’orange dans de l’eau (un petit jus qui ne prend pas de place).

Lunch : des manaich zaatar avec du thon en boîte, des rabioles et des choux raves en bâtonnets

Souper : un couscous minute (encore) avec des Grolsh bien fraîches

Lunch du dimanche : des cheeseburgers, une frite et un Gatorade Orange (c’est PO qui a choisi) chez Patate Ben-Venu.

Les rencontres
Isandre et Sébastien, des grimpeurs fort sympathiques qui se cuisinent des festins.
Un raton-laveur semi-domestique, son ami chien et leurs maîtres.

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